Découvrez avec Peer ou pas peer comment l’interconnexion, le peering Zero Settlement et le transit influencent la concurrence et les coûts du trafic Internet
Découvrez avec Peer ou pas peer comment l’interconnexion, le peering Zero Settlement et le transit influencent la concurrence et les coûts du trafic Internet
Chaque jour, des milliards de données circulent sur Internet. Pourtant, peu d’utilisateurs savent comment ces échanges fonctionnent réellement. Derrière chaque site web consulté ou vidéo regardée, des réseaux interconnectés appelés Systèmes Autonomes jouent un rôle central.
Or, comme ce marché est peu régulé, certains grands opérateurs peuvent influencer les règles du jeu. C’est notamment le cas de tensions observées entre Swisscom et Deutsche Telekom, qui ont attiré l’attention des autorités suisses.
Lorsque vous accédez à un site web, votre appareil envoie une requête vers un serveur. Ensuite, ce serveur renvoie les données demandées. Cependant, cet échange ne se fait jamais directement.
En réalité, les données passent par une série de routeurs connectés entre eux au sein de réseaux appelés Systèmes Autonomes, ou SA. Ces réseaux permettent à tous les acteurs d’Internet de communiquer entre eux.
Aujourd’hui, Internet compte des dizaines de milliers de SA dans le monde. Chacun possède un numéro unique, appelé ASN. Un SA peut être composé d’un seul routeur ou de milliers d’équipements. Par exemple, un fournisseur d’accès Internet comme Init7 exploite son propre SA.
Pour qu’un client d’un fournisseur d’accès puisse consulter un site hébergé ailleurs, son SA doit être relié à d’autres SA. Cette connexion s’appelle l’interconnexion.
Concrètement, les échanges se font via des points d’échange Internet, appelés IXP, ou via des liaisons privées appelées PNI. En Suisse, des centres comme Equinix à Zurich ou Interxion à Glattbrugg jouent un rôle clé. Le CERN à Genève est également un point d’interconnexion important.
Ainsi, les données peuvent traverser plusieurs réseaux avant d’atteindre leur destination finale.
Le peering est une forme d’interconnexion directe entre deux SA. Dans ce cas, chacun échange le trafic de ses propres clients sans passer par un intermédiaire.
Le plus souvent, cet accord est gratuit. On parle alors de Zero Settlement Peering. En effet, les deux parties estiment que les coûts techniques sont équivalents. Ce modèle permet donc de réduire les frais de transit et d’améliorer la performance du réseau.
Cependant, tous les SA ne peuvent pas établir un peering direct. Parfois, il n’existe pas de point d’échange commun. D’autres fois, le volume de trafic est trop faible pour justifier une connexion directe.
Dans ce cas, un SA achète du transit auprès d’un autre opérateur. Le fournisseur de transit garantit alors l’accès à l’ensemble d’Internet. En contrepartie, le client paie pour ce service.
Ainsi, le transit complète le peering et assure la connectivité mondiale.
Tous les Systèmes Autonomes n’ont pas le même poids sur Internet. On distingue trois grandes catégories.
Cette hiérarchie influence fortement la structure du marché et les rapports de force entre opérateurs.
Dans la téléphonie classique, le principe est « Calling Party Pays » : celui qui initie l’appel paie. Transposé à Internet, le client final est celui qui déclenche le trafic (en demandant une vidéo Netflix, par exemple).
Cependant, les peerings Zero Settlement se sont largement imposés, car les coûts d’infrastructure sont indépendants du sens du flux. Le trafic est donc « gratuit », chaque partenaire supportant ses propres coûts et bénéficiant d’une économie de transit.
Certains gros fournisseurs renversent ce principe et exigent que les Content Providers (Netflix, etc.) paient pour le peering (« Sending Party Pays »), justifiant cela par le fait que les données envoyées par le fournisseur sont beaucoup plus importantes que celles demandées par le client.
Ils peuvent se permettre ce comportement grâce à leur monopole technique sur les clients finaux : tout trafic vers leurs abonnés doit passer par leurs points d’interconnexion, qu’ils peuvent limiter ou saturer, forçant ainsi les fournisseurs de contenu à payer pour la capacité.
Source : https://blog.init7.net/
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